Archive de la catégorie «Le Contrat de mariage»

Monsieur de Manerville le père
novembre 23, 2008

Monsieur de Manerville le père était un bon gentilhomme normand bien connu du maréchal de Richelieu, qui lui fit épouser une des plus riches héritières de Bordeaux dans le temps où le vieux duc y alla trôner en sa qualité de gouverneur de Guyenne. Le Normand vendit les terres qu’il possédait en Bessin et se [...]

Sans manquer de ce courage physique
novembre 23, 2008

Sans manquer de ce courage physique qui semble être dans l’air de la Gascogne, Paul n’osa lutter contre son père, et perdit cette faculté de résistance qui engendre le courage moral. Ses sentiments comprimés allèrent au fond de son cœur, où il les garda longtemps sans les exprimer ; puis plus tard, quand il les [...]

Trop jeune pour comprendre
novembre 23, 2008

Trop jeune pour comprendre les distinctions sociales et les nécessités cachées sous l’apparente vanité qu’elles créent, Paul s’ennuyait au milieu de ces antiquités, sans savoir que plus tard ses relations de jeunesse lui assureraient cette prééminence aristocratique que la France aimera toujours. Il trouvait de légères compensations à la maussaderie de ses soirées dans quelques [...]

Après avoir connu le monde
novembre 23, 2008

Après avoir connu le monde, après s’être dégrisé de beaucoup d’illusions, après avoir dissipé les capitaux liquides que son père avait amassés, il vint un moment où, pour continuer son train de vie, Paul dut prendre les revenus territoriaux que son notaire lui avait accumulés. En ce moment critique, saisi par une de ces idées [...]

Mais il n’avait fait le malheur d’aucune femme
novembre 23, 2008

Mais il n’avait fait le malheur d’aucune femme, mais il jouait sans perdre, mais il avait du bonheur sans éclat, mais il avait trop de probité pour tromper qui que ce fût, même une fille ; mais il ne laissait pas traîner ses billets doux, et n’avait pas un coffre aux lettres d’amour dans lequel [...]

Si tu pouvais être heureux
novembre 23, 2008

Si tu pouvais être heureux et ridicule, la chose devrait être prise en considération ; mais tu ne seras pas heureux. Tu n’as pas le poignet assez fort pour gouverner un ménage. Je te rends justice : tu es un parfait cavalier ; personne mieux que toi ne sait rendre et ramasser les guides, faire piaffer un cheval, [...]

Aurais-tu par hasard de l’amour
novembre 23, 2008

Aurais-tu par hasard de l’amour pour cette sotte race des Manerville qui ne te donnera que des chagrins ? tu ignores donc le métier de père et mère ? Le mariage, mon gros Paul, est la plus sotte des immolations sociales ; nos enfants seuls en profitent et n’en connaissent le prix qu’au moment où leurs chevaux paissent [...]

Je ne te parle pas de tout
novembre 23, 2008

Je ne te parle pas de tout ce qui peut advenir de tracassant, d’ennuyant, d’impatientant, de tyrannisant, de contrariant, de gênant, d’idiotisant, de narcotique et de paralytique dans le combat de deux êtres toujours en présence, liés à jamais, et qui se sont attrapés tous deux en croyant se convenir ; non, ce serait recommencer [...]

Ha, mon pauvre ami
novembre 23, 2008

- Ha, mon pauvre ami, tu en es encore là ? Adieu, Paul. Dès aujourd’hui je te refuse mon estime. Encore un mot, car je ne saurais souscrire froidement à ton abdication. Vois donc où gît la force de notre position. Un garçon, n’eût-il que six mille livres de rente, ne lui restât-il pour toute [...]

Tes déductions froides
novembre 23, 2008

Tes déductions froides, systématiques, réelles peut-être, sont aux yeux de la masse, d’épouvantables immoralités. Moi, j’appartiens à la masse. Je dois jouer le jeu selon les règles de la société dans laquelle je suis forcé de vivre. En te mettant au sommet des choses humaines, sur ces pics de glace, tu trouves encore des sentiments [...]